musique, lutherie déjantée

musique, lutherie déjantée

La Clinique du docteur Sifoné - épisode 6 : Un Dobro qui a du chien, ou la chirurgie vétérinaire au service du blues

Truss-rod : (nm) tige métallique filetée traversant le manche de la guitare, ayant pour fonction d'en régler la tension.

Ce type de matériel se retrouve principalement sur les guitares à cordes métalliques.

 

Alors pourquoi diable en ai-je trouvé un sur une guitare classique ? Se pourrait-il qu'on puisse alors remplacer les cordes nylon par des métalliques ?

En théorie, oui ça doit pouvoir se faire... mais ce serait dommage de ne pas relooker un peu cette gratounette (taille 1/2) pour en faire quelque chose de différent. Un dobro par exemple ?

Dobro : (nm) Guitare acoustique (ou électro-acoustique) à résonateur métallique. Le dobro est fréquemment utilisé dans le blues, la country-music, le rock...

Mouais, ça me fait rêver depuis un moment le dobro, et puis y a certainement moyen de s'amuser un peu.

 

Et voilà comment je me suis embarqué pour une nouvelle aventure guitaristique iconoclaste. J'avais sous la main une guitare classique d'enfant de marque Hondo, datant du début des eighties et dont l'état était plutôt bon (malgré des années de stockage dans un grenier venté). Après quelques recherches peu fructueuses sur internet, j'estimai que je ne perdrai pas grand-chose à la transformer...

 

 

 

 

Donc, j'avais la guitare, manquait plus que le résonateur (pour faire court)... Le supermarché d'à côté proposant un choix exhaustif de gamelles en ferraille pouvant servir de résonateur, il ne serait pas difficile de trouver le récipient adéquat. Et ben, en fait si. Trouver un résonateur qui convienne n'est pas une petite mission, il faut prendre en compte la place qu'il va occuper dans la caisse de la guitare, et les normes de lutherie ne sont pas forcément proches des normes culinaires. Après plusieurs semaines de recherches vaines je finis tout de même par trouver quelque chose de chouette. Au rayon animalerie.

 

 

Enfin, muni du précieux doggy graal, je laissais mûrir encore l'idée quelques mois. La furieuse envie de bricoler m'avait lâchée au cours de cette quête de la Sainte Gamelle. Et puis je m'y suis mis. Avec une idée un peu plus concrète de ce que j'allais réaliser.

Tout d'abord, il allait falloir ouvrir la guitare, lui créer un trou suffisamment large pour y insérer mon résonateur inox embossé de 21,5 centimètres de diamètre... non ce n'est pas sale.

 

 

Bon, c'était bien mignon tout ça, mais ça faisait pas un dobro. Il manquait pas mal de pièces. Des fixations pour la gamelle, un cordier déjà pour commencer.

Et puis comme je le voulais électrique, mon dobro, bah il manquait un micro magnétique près du manche, un piezo sous le chevalet, des potentiomètres pour régler tout ça, une prise jack, un sélecteur de micros, et une plaque pour le micro manche et encore des jolis boutons pour habiller les potars.

Une commande d'électronique sur internet et 400 centimètres carré de contreplaqué plus loin, on a déjà obtenu les fixations et la plaque pour le micro. Un peu de teinte et d'alcool pour donner un aspect moins, enfin plus, enfin bon voilà.

Pour le cordier, j'avais trouvé un morceau de tôle chromée dans les rebuts de mon atelier, un peu de découpage et de meulage, de perçage et de pliage et hop !

Pour les boutons de potentiomètre, j'avais fait le choix de les faire moi-même pour 2 raisons : tout d'abord on obtient un résultat plus original qu'avec des boutons usinés industriellement, et ensuite ces fameux bitonios d'usine coûtent un bras si vous cherchez quelque chose de pas trop moche. J'optai pour des douilles de cartouche (non je ne chasse pas, j'ai une belle-famille), qui donneraient à ce dobro un côté western rural.

 

 

Bon, on y était presque, toutes les pièces réunies, un petit montage à blanc pour voir l'aspect fini, et vérifier les placements de certains éléments et y avait plus qu'à !

Une fois ceci fait, il fallût tout redémonter, et préparer les derniers trous, ainsi que le blindage magnétique de la bête. Puis installer l'électronique, faire chauffer la soudure. Je me servais d'un schéma trouvé sur le site de Seymour Duncan (2 micros, un sélecteur 3 positions, un bouton volume, un autre tone) pour réaliser le circuit.

 

 

Aaaah, que j'étais content, que j'étais z'heureux quand d'une main fébrile j'allumai l'ampli à lampe et enclenchai un câble jack dans la prise de mon Doggy Dobro. Las ! pas plus de cinq secondes, car aucun son ne voulut en sortir. Après avoir vérifié que mon câble était en état de marche, que l'ampli fonctionnait normalement, il fallut se rendre à l'évidence : y avait une couille quelque part. Dans le circuit.

" Argh ! Allez, on détend les cordes, on démonte, on vérifie, et pan, tu vois là le fil vert ? Eh ben il devrait être soudé de l'autre côté du sélecteur, de ce côté ci c'est la masse, couillon. "

Bon avec deux heures de suées de plus, j'avais enfin un instrument qui sonnait plutôt pas mal, malgré un déséquilibre de volume assez net entre le piezo et le micro manche (ce qui était tout à fait prévisible). Cela n'empêchant pas d'avoir un grain de son sympa dans toutes les positions.

 

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27/03/2017
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